La gloire du sans étiquette

La fièvre des municipales qui fait monter la température des candidats à deux semaines du premier tour affiche un peu partout en France un constat amusant : la tendance sans étiquette.

Comprenez : il ne faut pas dire à l’électeur que nos cadres sont incompétents.

David Dubois (UMP) et Frédéric Cuvillier (PS) le pensent très fortement.

Le premier, à l’UMP, ne le pense pas trop fort car il risque d’avoir des problèmes après sa déroute du 23 mars : on lui demandera des comptes et il n’a pas le droit de mordre la main qui le nourrit, autrement dit les mains de Daniel Fasquelle et Philippe Rapeneau. David Dubois a pour ordre de faire briller le logo UMP sauf que l’intéressé le ressent comme une chape de plomb dans une ville où le parti n’a aucune chance d’avoir son drapeau hissé sur la mairie.

Alors il la joue « sans étiquette » pour rassembler et la duperie fonctionne puisque les sieurs Lambert et Rousseaux se sont pris au jeu. Avec les 2 compères de tendance ultra gauche David Dubois se donne un côté « prolo », côté que renie l’UMP. Et tout le monde est content.

-       David Dubois se pose en rassembleur.

-       Daniel Fasquelle et Rapeneau sont heureux car David Dubois emmerde Honvault.

-       Lambert et Rousseaux montrent que le « prolo » peut faire de la politique, même chez les cols blancs.

Le second, au PS, sait qu’il va essuyer les plâtres de son chef qui a trahi la confiance des Français. Mais il sait surtout qu’il est dans la prochaine charrette. Donc : récupérons le fauteuil de maire laissé par l’intérim. Et point de soutien PS qui ne tienne : pourquoi s’embêter avec une majorité qui va bientôt me bouter hors de Paris et l’étiquette du PS devenue nauséabonde pour les électeurs ? Ainsi, le nouveau tract de la liste de F. Cuvillier « j’aime Boulogne » se toque du nom pompeux de « rassemblement de gauche » et n’affiche nullement le logo au poing et à la rose…

 

J’en prends j’en laisse…

« Dans le pognon tout est bon » cette maxime sied beaucoup à David Dubois qui ne refuse rien de la part de l’UMP pour sa campagne : soutiens, permanence flambante neuve, tracts, si bien qu’on se pose la question de la provenance de ses fonds…

Il aime aussi prendre ce que peut lui rapporter un procès fallacieux contre R. Honvault car le sieur Honvault ose utiliser "l'étiquette" UMP. Une "étiquette” que ne veut plus David Dubois. Mais comme le dit le proverbe : « rien ne se perd, tout se transforme »…

Il aime aussi prendre les colistiers des autres : M. Lambert pourra témoigner.

Mais David Dubois en laisse : une venue d’un ancien ministre UMP qui trempe dans de louches affaires où figurent des acteurs au costume rayé et chaussures bicolores. Alors de grâce, taisons au maximum sa venue et surtout son appartenance politique !

David Dubois laisse aussi s’en aller Lambert, probablement d’un commun accord. « Prends mes colistiers pour faire ta liste et emmerder Honvault, moi je vais raconter à Frédéric Cuvillier que tout roule comme prévu ». Fin du rôle de Lambert dans les municipales.

F. Cuvillier en a laissé aussi : il a laissé son fauteuil à MHC pendant qu’il s’occupait de son dessin national. Il l’a laissé encaisser les dossiers. Mais pas question de laisser la tête de liste : la politique, c’est une affaire d’homme. Et en pensant capitaliser, Frédéric Cuvillier va tout perdre : l’électeur n’est pas dupe à ce point.

Quant à Rousseaux, il a surtout perdu son intégrité : difficile pour lui après ça de montrer en public son image de camarade levant le poing… S’il n’est pas élu, fin de partie pour sa vie politique.

Tous, trompent l’électeur. Un jour je suis dans un parti, le lendemain non. J’en prends, j’en laisse, cela s’appelle la politique en kit. Naguère on disait « étranger, quand tu ne connais pas le village, tu y épouses la sorcière » et tous y perdent leur crédibilité.

Jean Louis Parmentier

PS. comme le lecteur aura pu le constater, j'ai trouvé un nègre, ce qui est le signe certain d'une élévation sociale, surtout quand le dit nègre est  blanc ...